OUR HOUSE, IN THE MIDDLE OF OUR STREET
une réflexion sur le mouvement, l'immobilité et comment trouver sa place dans la ville
Avec un déménagement temporaire qui se profile à l’horizon, le Beursschouwburg se met à réfléchir au mouvement.
Au fait de passer d’un bâtiment à un autre, et à toutes les façons dont les personnes, les idées, les histoires et les désirs circulent à travers Bruxelles. À la manière dont ce mouvement n’est pas réparti de manière égale. Certaines personnes franchissent sans peine les frontières, les quartiers et les sphères sociales. D’autres passent des années à attendre des papiers, un logement, un permis, une ligne de métro ou un avenir qui semble ne jamais arriver.
Cet automne, nous nous penchons sur une ville prise entre mouvement et immobilisme. Sur les chantiers interminables autour de Stalingrad. Sur les débats autour des voitures, des zones piétonnes et de l’espace public. Sur le canal qui traverse Bruxelles tout en reliant ses quartiers. Sur les personnes qui arrivent, partent, restent sur place, sont déplacées ou ne cessent de trouver de nouveaux chemins.
Qui peut se déplacer librement dans la ville ? Qui est censé·e s’adapter ? Qui est laissé·e pour compte ? Et que se passe-t-il lorsque l’immobilité devient une condition politique plutôt qu’un choix personnel ?
Pendant un an, nous suivons des artistes, des voisin·e·s, des conducteur·trice·s, des flâneur·euse·s, des cyclistes, des migrant·e·s et des rêveur·euse·s qui parcourent les paysages qui nous entourent. Nous traversons des parkings et des palais, des parcours artistiques et des systèmes linguistiques, des histoires d’exil et des avenirs encore à imaginer. Nous faisons des détours à travers la ville et nous attardons dans des lieux où le mouvement ralentit.
Alors que nous nous apprêtons à quitter notre immeuble pour quelque temps, nous prêtons attention à tout ce qui est déjà en mouvement devant nos portes.
Car une ville ne se définit pas par ses monuments ou ses plans d’urbanisme. Une ville se construit grâce aux personnes qui la traversent.
Et grâce à celles·eux qui tiennent à y rester.
printemps OUR HOUSE, IN THE MIDDLE OF OUR STREET 2026
un focus sur la ville, des rues sans frontières et comment se séparer d'un bâtiment
On n’est pas encore parti·e·s. Mais avec des rénovations prévues en 2027, il nous faudra quitter les lieux pendant un moment. En cherchant un point de chute, on s’est retrouvé face à une ville pleine d’espaces vides. Musées de la bière, centres communautaires, piscines en plein air, ateliers temporaires : les lieux et leurs publics semblent destinés à se passer à côté.
C’est pour ça qu’en 2026, on tourne le regard vers l’extérieur. Vers une zone piétonne née d’un pique-nique. Vers les cinq blocs, lentement rongés par le temps. Vers la place Sainte-Catherine, envahie de terrasses et vidée de ses bancs. Vers les marches de la Bourse, ce lieu de passage, de résistance et de rassemblement.
Qui a le droit d’imaginer la ville ? Qui sont les véritables acteurs (immobiliers) de nos quartiers ? Et vers quel centre reviendrons-nous une fois les travaux terminés ?
Pendant un an, on va apprendre à dire au revoir à un bâtiment en laissant la ville y entrer. En allant à la rencontre de nos voisin·e·s : les Bruxellois·e·s de toujours et les habitant·e·s passager·e·s, les squatteur·euse·s, les artistes, les personnes sans papiers et les punks qui veillent sur elleux. On entamera de grandes discussions et des petites chansons. On fera péter les sound systems et les trap roulettes. On examinera les violences policières et les plaisirs partagés. On regardera les enfants jouer, les corps danser en silence. On défendra un cinéma-territoire et une parade populaire.
Alors bienvenue chez nous. Entrez dans notre rue.
Elle est là pour vous aussi.